Matinée-conférences sur la francophonie 2019

Matinée-conférences sur la francophonie 2019

Dans le cadre des activités organisées pendant le Mois de la francophonie 2019 à l’Université d’Ottawa, l’Association des étudiant.e.s diplômé.e.s en éducation (EGSA‑AÉDÉ), l’Association des étudiants aux cycles supérieurs du Département de français et le Service de vie communautaire sont heureux de vous inviter à assister à une série de conférences portant sur les francophonies ontarienne, canadienne et mondiale. 

La Matinée-conférences sur la francophonie 2019 se tiendra le jeudi 21 mars 2019de 8 h 30 à 14 h, à la salle 509 du pavillon Hamelin de l’Université d’Ottawa.

Voici la programmation de la Matinée-conférences sur la francophonie 2019 :

8 h 30 – Accueil et déjeuner

8 h 45 – Présentation de la Matinée-conférences sur la francophonie 2019 

9 h

L’influence du personnalisme chrétien dans la promotion du rôle social chez les gardes-malades catholiques canadiennes‑françaises.

GENEVIÈVE MCCREADY est infirmière depuis 2002. Elle a travaillé pendant neuf ans en santé communautaire avant de poursuivre ses études pour compléter une maîtrise en santé publique à l’Université de Montréal dans le domaine des inégalités sociales de santé (2015). Geneviève est membre du comité de lutte à la santé de la clinique communautaire de Pointe‑Saint‑Charles. Elle est présentement candidate au doctorat en sciences infirmières à l’Université d’Ottawa. Par l’entremise, notamment, de l’histoire du nursing, elle étudie les conceptions et les pratiques infirmières en santé communautaire pour améliorer les conditions de vie des personnes et des communautés.

Dans le Bulletin des gardes-malades catholiques figurent plusieurs articles se référant à la philosophie personnaliste. Dans le cadre de cette communication, nous montrerons de quelle façon les gardes-malades catholiques canadiennes‑françaises de 1934 à 1959 ont puisé dans la philosophie personnaliste une légitimité afin d’agir auprès des familles les plus démunies socialement et économiquement. Par l’entremise des structures mises en place par les Sœurs de la Charité de Québec, ces gardes-malades ont cherché à comprendre et à contrer les inégalités de condition sociale. Soutenues par la conception du sens social promue par l’Église catholique, elles en sont venues à résister à l’émergence d’une science dépourvue de toute moralité ainsi qu’à la montée d’une technocratie administrative compromettant leur conception de la dignité humaine. Cette source de première main fournit une nouvelle vision sur la contribution du catholicisme et des gardes‑malades canadiennes‑françaises par rapport à la modernisation des soins de santé. C’est en dehors des murs institutionnels et inspirées par les principes du personnalisme que les gardes‑malades catholiques canadiennes‑françaises ont pensé et mis en action les premiers jalons de la santé communautaire au Canada.

9 h 30

 La Négritude ou l’Afrique à la recherche de son âme : le cas de La carte d’identité, de Jean‑Marie Adiaffi. 

GUILLAUME KOFFI est titulaire d’une maîtrise en éducation (M. Éd.) à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa, plus précisément dans la concentration Leadership, évaluation, programmes et politiques éducationnelles. Il détient également trois baccalauréats de l’Université d’Ottawa : lettres françaises, éducation, communication. Ses champs d’intérêt sont l’inclusion des minorités en contexte scolaire francophone minoritaire au Canada et la raison d’être de l’école de langue française en Ontario, en tant qu’institution publique, lieu de socialisation et de construction identitaire. Guillaume s’intéresse également à l’apport de la Négritude, un mouvement littéraire et politique, ainsi qu’aux politiques d’éducation multiculturelle.

La rencontre de la France avec l’Afrique a été essentiellement motivée par des desseins impérialistes. Ainsi, la colonisation a installé des rapports de force d’assujettissement entre le colonisateur et le colonisé. Les agressions culturelles qui ont occasionné, notamment, la déshumanisation et la mystification du colonisé n’étaient que le corollaire de la « mission civilisatrice » que s’était assignée la France. Pour les besoins de cette communication, Guillaume a retenu le thème de l’identité née du combat idéologique qui a opposé le colonisé au colonisateur dans le roman La carte d’identité, de Jean-Marie Adiaffi. En effet, les attitudes du colonisé bafoué et rejeté se sont généralement traduites par des actions de contestation et de revendication visant à démonter les clichés et les récits de légitimation. Quelles sont les caractéristiques de cette « image de soi » qui refusait l’eurocentrisme pour valoriser les cultures ancestrales? Guillaume montrera que même si le roman La carte d’identité prône un retour aux sources, il n’occulte toutefois pas la possibilité d’une identité continuellement réinventée.

Nota bene – Pour favoriser les échanges, Guillaume invite toutes celles et tous ceux qui assisteront à la Matinée-conférences sur la francophonie 2019 à lire le roman La carte d’identité, de Jean‑Marie Adiaffi.

10 h

Les Voies du Vide dans l’écriture transculturelle francophone au Canada.

XUAN ZHAO est candidate au doctorat en lettres françaises à l’Université d’Ottawa depuis 2016. Elle travaille sous la direction de Nelson Charest. Ses recherches se concentrent sur l’écriture transculturelle francophone en fonction des points de vue philosophique, sociologique et linguistique. Passionnée de langue française, elle a commencé ses études universitaires à l’Université de Lanzhou en Chine, là où elle a obtenu un baccalauréat en langue française. Elle a poursuivi ses études en lettres françaises à l’Université d’Ottawa au niveau de la maîtrise. Elle enseigne le français langue seconde depuis 2018.

Depuis la fin du dernier siècle, le monde littéraire francophone en Amérique du Nord se voit enrichi par de nouvelles voix migrantes. Dans ce contexte, les écritures transculturelles nous apportent des nouvelles réflexions sur la question des relations identitaires culturelles. Notre communication se penchera sur le dynamisme créatif des écritures transculturelles chez deux écrivaines québécoises, Kim Thúy et Ying Chen. En consultant l’esprit du relatif d’Édouard Glissant et l’esprit migrateur de Pierre Ouellet, nous proposerons une recherche profonde sur les mouvements des identités culturelles. Par la suite, en tirant profit de l’héritage culturel oriental, nous introduirons et préciserons la notion de « Vide », qui a d’abord été présentée systématiquement par François Cheng, en 1979. Nous montrerons qu’il existe un espace « vide » aux frontières culturelles, qui est un champ habité de tensions provenant de différents pouvoirs et qui, en même temps, stimule leurs interactions. Notre objectif est donc d’explorer la fonction positive du Vide dans notre cadre de recherche. 

10 h 30

Le slam : source d’engagement de l’écriture créative et catalyseur de la parole du jeune.

DOMINIQUE BOMANS a enseigné le français, le latin et l’histoire en Belgique. Ensuite, elle a enseigné le français et donné de nombreux autres cours en Ontario, là où elle a choisi de vivre sa francophonie. Elle donne ses cours de français avec cœur et passion. Elle a écrit pour L’Express, le seul journal francophone de Toronto. Elle vit sa belgo‑francitude entourée de centaines de milliers de Franco‑Ontariens qui, comme elle, existent parce qu’ils survivent et survivent parce qu’ils existent. Aujourd’hui, Dominique enseigne le français aux élèves de quatrième et cinquième années de l’école secondaire Sieur-de-Coulonge, dans le Pontiac, au Québec. Elle est titulaire d’une maîtrise en études françaises à l’Université York et poursuit un doctorat en éducation à l’Université d’Ottawa, là où elle développe un projet de recherche sur le slam. 

Au moyen de la narration d’une expérience concrète d’enseignement du slam vécue dans certaines classes de français, nous aimerions démontrer que la nature particulière de ce phénomène social favorise l’évolution du rapport à la langue de l’ « apprenti slameur », lequel devient plus conscient et plus réflexif. Le slam constitue ainsi une source non négligeable d’apprentissages social, culturel et langagier, c’est‑à‑dire qu’il est une porte d’entrée pour les ramifications pédagogiques et didactiques multiples. Cependant, alors que l’apprentissage du slam est prescrit dans les programmes d’enseignement du français au secondaire québécois depuis presque dix ans (MELS, 2009) et qu’il a ainsi obtenu sa reconnaissance officielle, il tarde encore à s’implanter dans les écoles. Les transpositions pédagogique et didactique de ce phénomène, son adaptation difficile en raison de différentes contraintes scolaires et les incompréhensions de certaines enseignantes et de certains enseignants à son égard le rendent quasiment absent des planifications annuelles. Parce que nous croyons que le slam constitue un véritable levier identitaire, qu’il offre une prise de parole singulière pour les jeunes d’aujourd’hui dont il rejoint les préoccupations, qu’il permet le partage et l’appropriation de la langue et de la culture francophones, nous pensons que le slam est le tremplin parfait entre la culture scolaire, souvent légitimée par le contexte, et la culture juvénile, faisant ainsi naître, au sein de nos écoles, l’ « oralittérature » (Vorger, 2011), un concept qui reste à appréhender. C’est ce que vous souhaitons également montrer dans le cadre de cette communication. 

11 h

La représentation politique de la communauté acadienne de la Nouvelle‑Écosse.

Originaire de Kedgwick dans le Nord‑Ouest du Nouveau‑Brunswick, GUILLAUME DESCHÊNES‑THÉRIAULT est étudiant au doctorat en science politique à l’Université d’Ottawa. Il détient un baccalauréat de l’Université de Moncton et une maîtrise de l’Université d’Ottawa. Dans ses recherches, il s’intéresse aux enjeux liés aux communautés francophones en milieu minoritaire au Canada, notamment à l’immigration, à la représentation politique et à l’alphabétisation. Ayant une fibre militante, il s’est engagé dans diverses causes sociales au cours des dernières années.

Cette communication porte sur la représentation politique des minorités ethnolinguistiques. Nous proposons d’étudier l’impact de l’abolition des circonscriptions protégées sur la possibilité d’une représentation politique adéquate de la minorité acadienne de la Nouvelle‑Écosse et les retombées de cette abolition sur les plans juridique et politique. Nous insisterons sur le double rôle des députés acadiens néo‑écossais en tant que représentant local de leur circonscription et représentant de l’ensemble de la communauté acadienne de la province. Nous examinerons de quelle façon des représentants descriptifs ont la capacité d’assurer une meilleure représentation substantielle des intérêts du groupe duquel ils sont issus. Nous conclurons en entamant une réflexion sur les conditions nécessaires pour assurer une représentation effective aux membres d’un groupe minoritaire dispersé géographiquement, comme la communauté acadienne de la Nouvelle‑Écosse et, de manière générale, des communautés francophones en situation minoritaire au Canada. 

11 h 30 

Communautés franco-canadiennes : entre migration et immigration de langue française.

JACOB LEGAULT-LECLAIR est étudiant à la maîtrise en sociologie à l’Université d’Ottawa (CRSH). Détenteur d’un B.A. spécialisé en sociologie et communication (Magna cum laude) de cette même université, il est présentement membre du Groupe de recherche universitaire sur le nationalisme transfrontalier (GRUNT) et étudiant‑chercheur associé à la chaire Québec, francophonie canadienne et mutations culturelles. Ses intérêts de recherche gravitent autour de thèmes comme la francophonie canadienne, le catholicisme et la migration.

Le projet intitulé (Im)migrations francophones au Canada : populations affluentes et déterminants religieux a conduit à rendre compte des paramètres linguistiques des migrants francophones au Canada. J’y propose une analyse – sensible des dimensions caractéristiques du fait français – des flux migratoires d’individus connaissant le français. En me servant des données de recensement (Statistique Canada, 1971 à 2016), je pose les questions suivantes : 1) d’où proviennent les francophones qui vont s’installer dans le ROC* et suppléer les individus assimilés? 2) Que pouvons‑nous dire de leur trajectoire migratoire relativement au contexte social, historique et politique en vigueur au moment du déplacement? Ce questionnement a émergé d’un constat paradoxal : depuis 1991, il y a une « anglicisation nette des francophones de plus de 35% »; or, leur population totale reste relativement stable (Castonguay, 2002). Nous verrons que l’hypothèse selon laquelle « le Canada‑français se perpétue grâce aux Québécois nés au Canada » doit être relativisée et nuancée à la lumière des mouvements migratoires interprovinciaux et internationaux de la majorité québécoise francophone et de certaines communautés minoritaires très mobiles. Le regard sera alors posé sur une série de graphiques descriptifs et de modèles logistiques qui éclairent les parcours migratoires de ces communautés d’expression française. Il en résultera une analyse synchronique et diachronique de cette évolution.

*ROC signifie « Rest of Canada ». Par ROC, Jacob désigne le Canada en excluant le Québec lorsqu’il aborde les mouvements migratoires en partance du Québec.

12 h

Sadie Howe
Anne-Chantal Soucie

Nous accueillerons Anne-Chantal Soucie, directrice du Régime d’immersion en français (RIF) de l’Université d’Ottawa. Elle soulignera l’apport du RIF à la francophonie et remettra les bourses suivantes à des étudiantes et à des étudiants du RIF : la Bourse Marjorie Wesche et la Bourse Alysse Weinberg.

 

La Bourse Marjorie Wesche et la Bourse Alysse Weinberg récompensent des étudiantes et des étudiants inscrits dans le RIF de l’Université d’Ottawa, soit des étudiantes et des étudiants qui ont poursuivi leurs études en français à un niveau avancé. Madame Alysse Weinberg sera présente et nous exposera la genèse et le bien‑fondé de la bourse Alysse Weinberg.

 

Bourse Marjorie Wesche

Marjorie (Mari) Wesche a été directrice de l’Institut des langues secondes à l’Université d’Ottawa lors du développement des cours d’encadrement linguistique, qui représentent un des éléments de soutien principaux du RIF. Nous désirons reconnaître l’impact de cette pionnière de l’immersion universitaire au Canada avec l’attribution d’une bourse qui cherche à récompenser deux étudiantes ou étudiants inscrits dans le RIF de l’Université d’Ottawa et qui ont poursuivi leurs études en français à un niveau avancé.

 

Bourse Alysse Weinberg

Alysse Weinberg, professeure agrégée à l’Institut des langues officielles et du bilinguisme (ILOB) de l’Université d’Ottawa, a créé cette bourse dans le but de participer au rayonnement du RIF, de l’ILOB et de la Faculté des arts. La professeure Weinberg a commencé sa carrière en 1980, enseignant d’abord à temps partiel à l’Institut des langues vivantes, puis à l’ILOB. Par la suite, elle est devenue membre permanente du corps professoral. En transmettant son savoir linguistique, elle a tâché d’élargir les horizons des étudiantes et des étudiants, de leur donner le goût de communiquer dans l’autre langue officielle du Canada et d’approfondir leur connaissance culturelle du français. Alysse Weinberg enseigne aux étudiantes et aux étudiants du RIF depuis la création de celui-ci en 2006. Spécialisée en enseignement des cours d’encadrement linguistique, notamment en histoire, elle a entrepris des recherches et fait paraître de nombreuses publications sur différents aspects de la pédagogie de l’immersion au niveau universitaire.

 

Avant la remise des bourses, Sadie Howe, une étudiante-mentor du RIF, nous partagera l’expérience qu’elle a vécue dans le RIF. Sadie Howe est une étudiante du programme combiné Honours Bachelor of Social Sciences in Political Science (French Immersion) et Juris Doctor (JD). Elle en est à sa troisième année de formation dans ce programme. Depuis septembre 2017, Sadie est mentor au Centre de mentorat en immersion du RIF.

 

Au cours de cette heure, un dîner sera servi.

13 h Mot de clôture et discussions sur les communications de la Matinée-conférences sur la francophonie 2019.

14 h Fin de la Matinée-conférences sur la francophonie 2019.

Toute personne intéressée à assister à la Matinée-conférences sur la francophonie 2019 est invitée à nous faire parvenir un courriel à l’adresse suivante : program@uottawa.ca